Moïse, un émigré en pays étranger, un Dieu pour la liberté,
inédit, 2017

Il peut sembler étrange ou futile de ré-ouvrir les vieux textes bibliques, d’y consacrer une part non négligeable de son temps, pire, d’en écrire un nième commentaire et d’oser en proposer la lecture à ses concitoyens. Sur la Bible, n’a-t-on pas tout dit, et tout écrit ? N’en a-t-on pas rempli des centaines de kilomètres de rayonnages ? N’a-t-on rien de plus urgent à penser en ce début de XXIe siècle alors que les fanatismes se déchaînent, que les nationalismes s’affrontent, que les périls s’accumulent à l’horizon, que les hommes un fois de plus fuient au péril de leur vie des conditions de vie inhumaines ? Ne faudrait-il pas mieux refermer à jamais ces vieux textes fondateurs du monothéisme, car c’est encore une fois sous la bannière du Dieu jaloux et violent issu de la Bible que l’intolérance et le fanatisme meurtrier se déchaînent aujourd’hui ?...

 

 
Dilemmes et ambiguïtés de l’accompagnement social des Roms migrants
Paru dans Rhizome, juillet 2012

La présence d’une population Rom migrante d’Europe de l’Est, majoritairement de Roumanie, depuis le milieu des années 1990, pose au travail social des problèmes épineux. Je n’évoquerai pas ici, sauf latéralement, la discrimination d’Etat dont cette population – de citoyenneté européenne, je le rappelle - est victime. Il reste qu’il s’agit d’une émigration familiale, comprenant des enfants, des jeunes femmes mettant au monde des enfants, des vieillards, voire des malades et des handicapés. Ils peuvent donc prétendre accéder aux services de base de santé, d’éducation, d’hébergement. Cependant, dans les faits, ils ne bénéficient de l’aide des services sociaux institutionnels que de manière ponctuelle et sans suivi. On ne peut incriminer pour expliquer le fait une quelconque discrimination sociale ou ethnique. Le problème est plus compliqué et plus profond...

 

 
Temps de crise et temps ordinaire, un itinéraire de recherche à côté de l’institution
Paru dans Communications, n°94, 2014, Seuil

L’implication du chercheur dans ses objets de recherche est une question avec laquelle on n’a jamais fini de s’expliquer, et comme elle est sans réponse satisfaisante, grande est la tentation de l’éluder dans le déroulement routinier de notre travail. Pourtant, il est clair que le travail du chercheur n’est pas une profession, ou une carrière comme une autre. À profession ou à carrière, je crois que je préfère le terme de « métier », parce que souvent dans ma pratique, aussi bien sur le plan de l’organisation que de la nature de l’activité, je me vois comme un artisan. Mais il est encore un autre point qui fait la différence entre le métier de chercheur et un travail quelconque dans un bureau ou une entreprise : je crois qu’un chercheur est quelqu’un qui poursuit, contre vents et marées, et sur les objets les plus divers, une question qui lui est personnelle, intime presque...

 

 
L’expertise en question dans la gestion des risques naturels le cas des Ruines de Séchilienne
Vertigo, volume 14, n°1, mai 2014

L’expertise scientifique et technique est depuis une vingtaine d’années au centre de nombreux débats, à la suite de controverses et d’affaires en matière notamment de risques sanitaires et environnementaux. Sous la pression publique, l’expertise en ces matières a dû se réformer et offrir des garanties en termes d’indépendance, de transparence et de fiabilisation des résultats. Curieusement, le champ du risque naturel est resté à l’écart de ce mouvement. Il est encore sous le règne du modèle régalien classique, où l’Etat et ses experts, exerçant une véritable magistrature technique, ont la haute main sur la définition du risque et la prescription de la prévention. Cependant, l’expertise dans ce champ n’est pas à l’abri de biais ou d’interférences d’intérêts. Cet article relate le cas d’un fonctionnement opaque et en circuit fermé de l’expertise dans un risque d’effondrement géologique, dont les conséquences ont été lourdes pour la collectivité et les individus exposés. Mais la question de l’expertise doit être replacée dans un questionnement sur la politique publique de prévention des risques naturels, en décalage avec le nouveau paysage des risques et les enjeux à venir...

 

 
De l'expertise scientifique
au risque négocié: le cas du risque en montagne
Editions du Cemagref, 1997

En quelques décennies, l’expertise du risque, longtemps monopole de l’Etat, est devenue l’un des champs d’activité d’organismes de statuts variés. Si c’est aujourd’hui son inclusion dans la communauté scientifique qui confère au spécialiste sa légitimité et non plus son appartenance à l’Etat, le corollaire de cette évolution est que le droit à l’erreur et à l’incertitude lui est contesté de manière récurrente. L’expert est partie d’un système d’acteurs traversé de clivages et travaillé par des intérêts divergents …

L’expertise comme activité sociale et scientifique, le rapport entre l’expert et le politique – dans le milieu de la montagne - a été l’objet d’une recherche menée au Cemagref, par un ingénieur, Claude Charlier et une sociologue, Geneviève Decrop. Les principales conclusions de cette recherche de plusieurs années sont rassemblées dans ce texte...

 

 

Génocide
et camps de concentration nazis, un dispositif politique.
Bulletin de la Fondation Auschwitz, n°32-33, 1992

Les historiens séparent très nettement ce qui, dans les entreprises meurtrières nazies se rapporte au génocide des Juifs et des Tziganes et ce qui se rapporte au système concentrationnaire où furent détenus des centaines de milliers de gens de toutes origines. Il y a, dans cette rigoureuse distinction, outre les nécessités propres à la science historique, une réaction salutaire à l'amalgame opéré d'emblée par l'opinion entre la déportation et l'extermination. Mais, à séparer aussi nettement les choses, on se prive de repérer ce qui, dans l'un et l'autre événement, relève d'une même "conception". Je voudrais tenter de montrer dans ce texte qui reprend la principale conclusion d’une thèse soutenue à l’EHESS en 1991, que l'extermination et le système concentrationnaire s'insèrent dans un dispositif unique, qu'il faut déchiffrer dans l'ordre du politique, même si le terme doit être employé avec précaution quand il désigne les actions du régime national-socialiste.


 
Le dispositif d'insertion du RMI, dispositif de crise ou miroir des mutationsde la société française.
Revue Travail et Emploi, n°81,
janvier 2000.

Au sein du dispositif RMI, on se représente généralement le devenir des bénéficiaires sous forme de parcours, c'est-à-dire, plus ou moins explicitement, comme une succession d'étapes qui mèneraient de l'exclusion à l'insertion professionnelle et que le bénéficiaire est censé suivre dans l'ordre. Cette image du parcours a certains avantages en termes opérationnels : elle permet de construire des actions (de formation, de santé, d'activités sociales etc.) qui s'enchaînant les unes et les autres donneront forme et sens, pense-t-on, à ce parcours. La difficulté est que le public du RMI résiste fortement à cette vision idéale. Il est extrêmement hétérogène, présente les situations et les besoins les plus variés et les travailleurs sociaux ne retrouvent pas, en bout de chaîne, le résultat attendu. L’enquête menée dans l’Ain, l’Isère et le Rhône aboutit à une typologie des fonctions du dispositif RMI, que l’on peut qualifier de dispositif palliatif, polyvalent et peu coûteux, des grandes mutations de la société française, en cours depuis une vingtaine d’années.


 
Les chemins de l'exclusion sociale
Douze itinéraires de la vie à la marge et leur rencontre avec l'action sociale.
Edition de l'ADRAC, mars 1991.

Au milieu des années quatre-vingt, le thème de l’exclusion sociale et de la nouvelle pauvreté s’impose dans le débat public. Il donnera lieu à la fin de la décennie à la loi sur le RMI. Les auteurs, Francie Mégevand et Geneviève Decrop, toutes deux chercheures et militantes de l’éducation populaire, ont voulu aller voir de plus près quelles formes revêtaient cette « nouvelle pauvreté » et par quels chemins elle s’installaient dans la vie des personnes. Elles ont pour cela conduit des récits de vie avec une douzaine de personnes, en marge du système économique et social dominant. Elles ont complété cette approche par une analyse de la position des travailleurs sociaux, qui sont comme en vis-à-vis des précédentes ….


 
Quand les déchets nucléaires refont surface...
(Inédit)

L'Âge d'or est l'un des mythes les plus constants de l'imaginaire politique. Et le nucléaire n'échappe pas à cette relecture historique qui contribue à faire émerger l'« image ennoblie d'un passé mythifié ». C'était le temps où la France s'engageait dans l'« aventure atomique ». C'était le temps où, grâce à une politique ambitieuse d'indépendance nationale et la compétence irréprochable d'un grand nombre de scientifiques et d'ingénieurs, la France devenait en quelques décennies l'un des pays les plus nucléarisés du monde. C'était le « temps d'avant » car, aujourd'hui, de sombres nuages viennent boucher l'horizon : il y a gros temps sur le nucléaire ; les arriérés refont surface. Ces derniers se présentent notamment sous la forme de déchets hautement radioactifs dont il faut se protéger pour des milliers d'années.

Cette prise de conscience a suscité des remous tels dans le public dans les années quatre-vingt que le législateur a adopté une loi, dite « Loi Bataille », en 1991 du nom de son auteur, pour organiser le processus de recherche et de décision devant aboutir, en 15 ans, à une solution technique acceptable et acceptée. C’est l’histoire d’une quête scientifique et technique, mais aussi d’une innovation juridique, qui est racontée ici ….

 

 
Redoutable est la tentation d'être bon. Critique des politiques de la pitié chez Hannah Arendt. Théophilyon, vol IX, janvier 2003.

Cet article est tiré d’une communication à un colloque de l’université catholique de Lyon qui invitait à comparer les points de vue éthique et politique de deux grandes philosophes du XX e siècle, Hannah Arendt et Simone Weil.

Si l’éthique de Simone Weil est à relier avec son cheminement spirituel vers le christianisme, on ne peut en dire autant d’Hannah Arendt.

Elle n'a confessé aucune foi religieuse, mais pas davantage d'ailleurs l'athéisme. Si elle a une théorie du mal en politique - le mal sous la forme la plus extrême des crimes contre l'humanité est même l'axe central autour duquel toute l'oeuvre se déploie - on ne peut en dire autant du bien. Elle ne fournit pas la moindre indication de ce que pourrait être une bonne politique, pas plus qu'elle ne s'intéresse à la construction de politiques publiques basées sur des principes éthiques tels que la justice sociale, la lutte contre l'exploitation ouvrière ou le traitement de la misère, de la malnutrition etc. Non seulement, elle n'en dit rien, mais pire, elle déclare même que ces questions-là ne relèvent pas du politique. Il faut, dit-elle, soigneusement les tenir à l'écart de l'espace public, parce que loin de rendre la politique bonne, il se pourrait bien que l'inverse ne se produise et qu'au contact de ces questions, la politique ne devienne mauvaise. Pour quelle raison ? La réponse d'Arendt est assez déroutante : à cause du christianisme …


 
Victimes, associations de victimes et prévention des risque collectifs.
Medad, programme EPR, 2003

Sommes-nous entrés dans la civilisation du risque, pour reprendre l'hypothèse d'Ulrich Beck ? Une chose est certaine : les risques collectifs, qu'ils soient dits "naturels" ou générés par le développement économique et technique occupent une place grandissante dans notre vie de tous les jours. Ils sont devenus l'affaire de tout un chacun, dans notre diversité sociologique, écoutant les informations le matin à la radio, ou regardant le journal télévisé de 20 h, réagissant diversement à la litanie des catastrophes, qui accompagne désormais chaque bulletin - émotion, indignation ou indifférence blasée. Dans cette problématique, la plainte des victimes occupe de plus en plus de place, soulevant l’émotion, la compassion ou la réprobation et l’irritation. On les accuse alors des maux les plus divers - chercher la vengeance, monnayer leurs souffrances - et d’entraîner ainsi la société dans une judiciarisation incontrôlable. On sait moins que les associations de victimes accomplissent au jour le jour un travail patient de canalisation des émotions et d’analyse des catastrophes en vue de la prévention. L’enquête menée auprès de la Fédération Nationale des victimes d’accidents collectifs montre ce laborieux et courageux travail, fait avec très peu de moyens …


 
Les scènes locales de risque, Genevieve Decrop, Christine Dourlens, Pierre Vidal-NaquetLyon, (1997, inédit)

Tout processus de construction sociale du risque ne donne pas lieu à des situations de crise structurelle. La plupart du temps, c'est de façon relativement peu conflictuelle, au travers d'une multiplicité d'ajustements et de transactions inter-acteurs, que les sociétés locales parviennent à mettre en place diverses modalités de traitement des risques. Il n'empêche. Les scènes ordinaires sont aussi des scènes fragiles. En effet, devant la difficulté de s'entendre sur les phénomènes de référence et sur les mesures aptes à les contenir, les acteurs ont tendance à règler cette question de façon tangentielle. C'est alors ici la procédure de décision qui joue un rôle essentiel plutôt que la décision elle-même. Faute de socle solide qui la fonde, celle-ci est alors toujours précaire et réversible. Les histoires qui se jouent sur les scènes ordinaires ne se terminent donc véritablement jamais...

 

 

La précaution est notre avenir.

Le principe de précaution vient à nouveau d’être mis en cause à propos de l’affaire du nuage de poussière émis par un volcan islandais, qui a motivé la neutralisation quasi totale de l’espace aérien européen. Il avait été auparavant sur la sellette à propos des expropriations envisagées suite aux dégâts causés par la tempête Xynthia sur le littoral vendéen. En toile de fond, il alimente une polémique au long cours à propos des mesures de santé publiques prises par la ministre de la santé (et nombre de ses collègues en Europe et ailleurs) contre l’épidémie de grippe A. Les trois événements sont fort différents les uns des autres. Le premier est un aléa naturel qui n’a causé aucun mort, mais qui a généré une crise dont les répercussions se sont fait sentir sur l’ensemble de la planète. Le second est une authentique catastrophe naturelle, faisant 67 morts, de nombreux sinistrés et un montant considérable de dommages. Le troisième est, sur le plan sanitaire, une catastrophe avortée ou un non événement avec une mortalité très en dessous de la mortalité des grippes saisonnières routinières, mais une vraie crise politique et un coût économique élevé.


 

 
La vigilance à l'épreuve de la catastrophe, publié dans Etre vigilant, Jacques Roux (coordonné par), Presses Universitaires de Saint-Etienne, 2006

Il peut paraître assez insolite, voire même paradoxal, d’associer l’idée de vigilance à l’image de la victime. La victime n’est-elle justement pas une personne dont la vigilance a été prise en défaut, qui a pris des risques inconsidérés ? C’est tout particulièrement le cas dans ce qui nous intéresse ici : les accidents naturels, technologiques - ou mêlant les deux facteurs - c’est-à-dire des situations où l’on n’a pas été vaincu par une volonté humaine maligne et perverse, mais atteint par des forces déterministes qu’une personne précautionneuse eut pu (et dû) prévoir. La contradiction entre la victime et la notion de vigilance est encore inscrite dans les images que la culture véhicule à son propos. La victime est une figure passive, douloureuse certes et qui suscite la compassion, mais drapée dans une douleur muette. Or la vigilance dont nous voulons parler ici n’est pas une pure expérience spirituelle intérieure, elle est adressée à autrui, à un collectif plus large, voire à la société toute entière. Elle suppose donc de parler et même d’élever la voix. Une attitude difficilement acceptée. Car aujourd’hui, la victime n’est plus muette et son image a évolué, mais pas dans un sens qui la rapprocherait de l’idée de la vigilance...

 
Le riche ordinaire et le pauvre d'exception (paru dans la revue Territoires, 2005)

Il ne fait pas bon être pauvre dans notre société moderne, riche et développée. Au point qu'on peut se demander parfois si la condition des pauvres dans une société pauvre n'est pas, sous certains aspects, préférable. Certes, dans les sociétés pauvres, les inégalités sont abyssales et la pauvreté confine à l'absolu, tandis que dans les sociétés modernes et développées, la pauvreté est relative, car le développement économique ayant entraîné l'ensemble de la société, tout le monde en reçoit une part, ne serait-ce que par les biais des services publics et de la redistribution sociale. Ainsi les pauvres des sociétés développées seraient-ils à l'abri de la faim et bénéficieraient-ils d'une sécurité minimale qui paraîtra fabuleuse au paysan malien pauvre ou au gamin des rues de Bombay. Passons sur le fait que nous voyons apparaître dans notre société depuis quelques années des misères qui ressemblent fort à celles des pays du Sud (on me dira que c'est justement la misère du sud qui afflue au nord et que nous ne pouvons « accueillir toute la misère du monde »), et occupons-nous seulement de sa pauvreté ordinaire et endogène...

 
L'utopie de Charles Péguy (inédit, 2003)

On n’a guère l’habitude de citer Charles Péguy parmi les penseurs utopiques. On connaît les engagements politiques de l’inlassable et prolifique rédacteur des Cahiers de la Quinzaine, ferraillant à gauche, à droite, contre toutes les injustices, les compromissions et les démissions de la pensée – en faveur de Dreyfus et contre l’antisémitisme, pour la République laïque et socialiste, contre le nationalisme etc. Poète et essayiste, militant socialiste et chrétien mystique, Péguy est et reste inclassable, irrécupérable par les écoles, les partis et les chapelles de toutes obédiences. Revers de la médaille, on a tendance à ne retenir de lui que l’oeuvre poétique, en particulier les pages superbes de Jeanne d’Arc ou du Porche du Mystère de la Deuxième Vertu. La partie proprement politique de son oeuvre est quelque peu tombée dans l’oubli. A tort, car elle se lit encore très bien aujourd’hui, alors même qu’elle est constituée en majeure partie de réactions à chaud sur l’événement...

 
La montagne, le hameau et le prophète de malheur, l'affaire des Ruines de Séchilienne
paru dans Ethnologie Française, 1er trimestre 2004

Résumé :
L’histoire du petit hameau de l’Ile Falcon, dans la vallée de la Romanche,tétanisé au pied d’une montagne dont les experts annoncent depuis 20 ans l’effondrement imminent illustre le bouleversement de la relation qui s’était établie dans la longue durée, entre un territoire donné et les risques naturels auxquels il est soumis. L’histoire montre qu’il n’est pas besoin que le risque se réalise pour que certains effets de la catastrophe se produisent. La crise survient dès l’annonce du risque, révélant quelques aspects de ce que certains auteurs qualifient de “ société du risque ”.


 

 
Pouvoir et décroissance : redonner ses chances à l’utopie
paru dans Entropia n°1, automne 2006

La notion de décroissance, c’est-à-dire la confrontation à la limitation des ressources naturelles, ou plus exactement à la contradiction entre un accroissement illimité de la production de biens matériels et la finitude des ressources a été jusqu’ici observée essentiellement sous l’angle de l’économie.


 

 
L’effacement du travail dans la modernité et dans la critique sociale
paru dans Entropia n°2, automne 2007

La « valeur travail » est indissociable du libéralisme. Dans les économies productivistes, elle est même présente deux fois : sous la forme marchande et sous la forme morale. C’est le trait
d’union entre les économies libérales de marché et les économies dirigées d’inspiration marxiste. L’ « armée industrielle » du travail, à l’Ouest comme à l’Est, voilà l’outil par
excellence de la puissance … et de la prédation du monde.


 

 
Puissances des Etats, impuissance des citoyens
L'Altermondialiste n°7, janvier 2009

L’état de crise s’installe et l’individu est démuni. L’homme de la rue sent bien – mieux que les élites politiques et économiques – qu’un monde fout le camp et qu’on ne voit pas se
dessiner les contours d’un nouveau. On appréhenderait plutôt le pire, le chaos, la lutte pour l’accès aux ressources, l’emballement de la frénésie d’accaparement, les abus de pouvoir et de position dominante, la dégringolade de ceux qui ne veulent ou ne peuvent se maintenir dans l’arène.


 

 
Cessons de diaboliser le travail
L'Altermondialiste n°9, mars 2009

Dans la gauche non institutionnel, chez les écologistes et les altermondialises, le travail n’a pas bonne presse. Les principaux chefs d’accusation sont dans l’ordre : le travail est une torture comme son étymologie « tripalium » le rappelle ; il est d’ailleurs issu de la malédiction proférée par Dieu dans la Genèse ; et non content d’être le vecteur de l’exploitation de l’homme par l’homme (Marx), il est aussi le vecteur de l’exploitation à outrance de la nature.


 

 
Un statut de réfugié environnemental est-il une réponse pertinente aux effets sociaux du réchauffement climatique ?
(paru dans la revue en ligne Asylon n°6, novembre 2008)

Notre contribution au débat autour de la question des réfugiés environnementaux s’articule autour de la critique de la notion elle-même : qu’est-ce que le statut de réfugié peut apporter de positif aux victimes du changement climatique d’origine anthropique ? en quoi offre-t-il des solutions à la crise climatique ? à l’inverse, comporte-t-il des risques d’aggravation de la situation des personnes visées ? des collectifs menacés ? Pour répondre à ces questions, notre réflexion doit s’élargir à l’appréhension globale des menaces liées au réchauffement climatique, en débordant le cadre trop étroit de la seule discussion d’un statut juridique pour les victimes.